Version Mobile

CONSEIL Général "Il n'a jamais été question de fermer l'aéroport de Grenoble"

Didier Rambaud:

Didier Rambaud: "Vinci a été auditionné ici. Des constats ont été dressés..." Photo Christophe Agostinis

La question était posée de cette manière. C'est même le président André Vallini, en fin d'année dernière, qui avait mis "un coup de pied dans la fourmillière". 1/Ça rime. 2/ C'est ce qu'ont redit plusieurs conseillers généraux.
Alors, "faut-il fermer l'aéroport de Grenoble?", comme l'écrivait GreNews. L'élu en charge des Transports Didier Rambaud a rapidement tué le suspense: "Il n'a jamais été question de fermer totalement l'aéroport". Pas l'hiver, évidemment. Mais pas l'été non plus, scénario rapidement écarté même si l'activité y est quasiment nulle. Alors demandons plutôt: quel avenir pour l'aéroport de Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs, ou aéroport de Grenoble-Isère? Dans quelles conditions? Et avec quels financements? Le débat pouvait entrer en piste.

470 000 passagers en 2009, 340 000 en 2011... et un "coup de pression" jusqu'en 2015

Didier Rambaud a rappelé la situation. Les 470 000 passagers en 2009, les 340 000 en 2011, parce que "la crise", parce que "le quasi retrait de Ryanair"... Et puisque tout est mêlé, l'aéroport, c'est 205 emplois directs, 155 emplois indirects, 720 emplois induits, des retombées touristiques aussi, estimées à 150 millions d'euros par an. Du lourd.
Puis, après d'autres chiffres, après le rappel suivant: "Le conseil général a confié l'exploitation de la plateforme à la Seagi, filiale du groupe Vinci, dans le cadre d'une délégation de service public", le vice-président a dévoilé le scénario retenu par la majorité. "La Seagi démarche de nouvelles compagnies sur les marchés anglais, scandinave, israélien et d'Europe de l'Est, ainsi que sur le marché intérieur, vers Nantes et/ou Bordeaux". Plus loin: "Vinci a été auditionné ici. Des constats ont été dressés, par exemple que le délégataire n'a pas été capable de concrétiser ces importantes pistes de développement ni de faire décoller l'aviation d'affaire". Donc "nous allons renforcer la pression, exiger que Vinci concrétise les démarches qu'il annonce. L'esprit du rapport que nous présentons, c'est: on continue avec l'aéroport". Même l'été pour "éviter une casse sociale". Et "on continue" de subventionner à hauteur, en moyenne, de 1,8 million d'euros par an. Mais, on l'aura vite compris, cette subvention est aujourd'hui clairement sous conditions. Des conditions affirmées par l'amendement proposé par le sans-étiquette René Vette, donnant "trois ans à l'exploitant pour booster l'activité". Avec évaluation au bout. Et décision, in fine, "sur l'intérêt de maintenir l'ensemble des activités de transports de voyageurs". 

La droite demande que le conseil général en fasse plus, les écologistes qu'il ne finance plus

Cet aéroport est "un outil remarquable", a encore dit René Vette. "Un outil précieux pour le tourisme", a poursuivi Christian Pichoud, "satisfait de ce coup de booster à Vinci". Traduire par "coup de pression". 
L'UMP Jean-Pierre Barbier a regretté que "le scénario retenu laisse ouverte une brèche qui va encore générer des inquiétudes et l'inquiétude, on le sait, est quelque chose d'insupportable pour l'économie". Il a même déclaré que le conseil général devait "revoir la convention sinon cela ne servira à rien". Son collègue de droite Georges Colombier a ajouté: "Un plan de trois ans, oui, mais à condition qu'on ne reste pas les mains dans les poches". Barbier et Colombier, partisans d'une aide financière "moins ambigüe",  plus affirmée, quand l'écologiste Olivier Bertrand, au contraire, a regretté, lui, que le Département "finance une infrastructure aéroportuaire, que les impôts financent les charters des neiges des Britanniques". Christian Nucci (PS): "Aujourd'hui, l'objectif est de donner les moyens de survie à cet aéroport pour qu'à terme, la puissance publique se retire".
Ok, mais pas suffisant pour convaincre Olivier Bertrand et Catherine Brette, qui se sont opposés. Le reste du conseil général a voté "pour". Rendez-vous dans trois hivers et trois étés.

Infos article

Notez l'article

par Stéphane Echinard le 24/02/2012 à 22:43

Vos commentaires

Poster un commentaire

Réagissez aux articles / Connectez-vous

Vous n'avez pas encore de compte, cliquez ici.

Email
Mot de passe Mot de passe oublié ?

Derniers commentaires

Articles les plus...