CONSEIL MUNICIPAL Et l'on reparle du Pacs en mairie de Grenoble
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Y a des sujets, comme ça, dont on sait qu'ils vont forcément provoquer des remous. Malgré l'heure qui avance, malgré l'année qui se termine. Le Pacs en mairie de Grenoble? Oui, le Pacs en mairie de Grenoble...
C'est donc tombé tard, délibération 60, Linda El Haddad qui expose, qui rappelle vite ce qu'est le Pacs (un contrat conclu entre un homme et une femme, deux hommes ou deux femmes, pour faire bref), qui rappelle aussi que son enregistrement se fait au greffe du tribunal d'instance et "n'est entouré d'aucun cérémonial"... Tout cela pour dire ceci: "De nombreux Grenoblois ayant conclu un Pacs souhaitent une reconnaissance solennelle de leur engagement par une cérémonie publique en mairie en présence d'un élu". D'où la délibération, proposant aux élus grenoblois la création d'une cérémonie de Pacs en mairie "en présence d'un élu". Alors? Alors, lundi soir, ça a débattu, oh oui !
Evidemment, le journaliste expédie toujours plus rapidement les "pour". Dans le cas qui nous intéresse: le "enfin !" de l'écologiste Marina Girod de l'Ain, le soutien de Go Citoyenneté, le "nous sommes volontaires pour en célébrer" du communiste Patrice Voir, le "vous verrez" du socialiste Abdé Djellal, ou encore la position de Morad Bachir Cherif (MoDem), pour qui "c'est important de porter un engagement qui va dans le sens de la dignité". Voilà. Parce que sinon...
Sinon, c'est le centriste Philippe de Longevialle qui motive son absention "non parce que je suis opposé au Pacs, ça non, mais parce qu'on fait célébrer tout un tas de choses aux élus, qu'on instrumentalise, et moi, je préférerais un cadre légal", sachant que "c'est toujours un plaisir de célébrer un mariage". "Vous en êtes contents des membres de votre majorité?" demande-t-on sur les rangs des écologistes. Pas de réponse.
Sinon, c'est aussi la MRC Eléonore Perrier, membre de la majorité donc, qui appuie sur le caractère "privé" du Pacs et s'étonne, aussi, que l'élue en charge de la lutte contre les discriminations porte cette délibération. Pour Eléonore Perrier, "célébrer le Pacs en mairie de Grenoble, c'est remettre en cause le principe même d'égalité, puisqu'une telle célébration n'est pas possible sur l'ensemble du territoire". C'est donc "à l'Assemblée nationale de prendre une décision". Et puis "quel est le statut de l'élu qui va célébrer le Pacs?"
Un Pacs Destot-Estrosi ?
Sinon, c'est enfin l'UMP Matthieu Chamussy, qui ne comprend pas "pourquoi vous avez inscrit cette délibération ce soir?" Un peu plus loin: "Le débat de ce soir est riche, il montre que l'on est sorti de certaines caricatures de 1999 du RPR et de l'UDF de l'époque (...) Mais je comprends d'autant moins cette délibération, son utilité, qu'un Pacs a déjà été célébré en mairie de Grenoble". Silence dans les rangs. Selon les informations de Grenews.com, un Pacs homo a bel et bien été célébré lors du mandat précédent, mais les Pacsés n'ont pas souhaité le médiatiser, et lundi soir, touchés par d'étonnants trous de mémoire, les élus ne se souvenaient plus qui l'avait célébré. Passons.
Chamussy reprend: "Oui, je m'interroge, sachant que votre délibération n'est qu'un copié-collé d'une délibération passée il y a deux ans en mairie de... Nice! Alors Monsieur le Maire, pourquoi ne pas porter cette question, de façon collégiale, devant l'Assemblée nationale avec Christian Estrosi?" Rires dans la salle. "Oui, faites un Pacs!", souffle un élu. "Il m'arrive d'avoir parfois des complicités avec des élus n'étant pas de ma sensibilité, mais jamais avec le maire de Nice". Fin de la parenthèse et de la récré. Place au vote.
"Envie de pisser"
Finalement, seule Eléonore Perrier a voté contre la création d'une cérémonie de Pacs en mairie de Grenoble en présence d'un élu. Les trois centristes de Grenoble Démocrates (Longevialle, Marie-Claire Népi, Camille Plet) se sont abstenus. Et les neufs élus de droite n'ont pas pris part au vote... suivis là-dessus par quatre membres de la majorité, Béatrice Doutriaux, Farid Derbal, Jacques Thiar et Georges Lachcar, deux d'entre-eux se souvenant, au moment du vote, qu'ils avaient (on cite) "une sérieuse envie de pisser".
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par Stéphane Echinard le 21/12/2010 à 19:20

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