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EUROPE ECOLOGIE LES VERTS Grenoble/Débat Joly - Hulot : on vous refait le match

Petite sélection des temps forts du débat de la primaire écologiste organisé jeudi soir à la Bifurk

Eva Joly et Nicolas Hulot

Eva Joly et Nicolas Hulot

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Etait-ce la lutte finale ? Pas vraiment. Jeudi soir, l'ultime débat de la primaire écologiste, opposant Eva Joly (en tête au terme du premier tour, elle a manqué la victoire pour une soixantaine de voix) à Nicolas Hulot (dont beaucoup pensaient qu'il finirait en pole position au terme de la première étape) aura surtout été l'occasion d'un échange de fond qui préparait déjà à un rassemblement derrière le candidat désigné. Petite sélection sur ce qui s'est dit à la Bifurk... et sur le déroulement de la soirée.

19h17: Cécile Duflot fait son entrée sous les applaudissements, entourée des deux candidats. Pour la photo, on retiendra que, côte à côte, on retrouve Eva Joly, Nicolas Hulot, Cécile Duflot et... le Grenoblois Raymond Avrillier. Lequel ne nous avait pas trop habitué à être tout à droite jusqu'ici.

19h19 :  "Cette primaire de l'écologie, c'est un moment très particulier, avec la volonté de créer un climat particulier de rassemblement, explique Cécile Duflot en préambule. Celles et ceux qui mettent un bulletin dans l'urne ne sont pas que des arbitres".
Avant d'ajouter : "Après le 12 juillet, il faut que nous portions tous ensemble cet espoir collectif dont nous avons tant besoin".

19h25 : Les deux candidats montent sur le podium. Les conditions du débat? Cinq minutes d'intro, trente minutes de débat et cinq minutes de conclusion.

19h26: Nicolas Hulot ouvre la marche... et tente d'entrée de jeu de prendre de la hauteur dans le débat. "Je m'étais préparé à combattre beaucoup de choses. Mais je ne me suis pas préparé à combattre Eva Joly (...) On a des différences de caractère mais il faut sortir de cette comédie, nous sommes là pour nous battre pour l'avenir de l'humanité".

19h31: Eva Joly donne à son tour le ton du débat. Dans son introduction, elle place d'entrée de jeu le débat sur le contexte économique et social complexe qui caractérise le quotidien de nombreux français. "Maintenant, c'est le temps de l'unité (...) dans la crise écologique, sociale et financière que nous traversons, les préoccupations écologiques ont tendance à reculer (...) Pour moi, il s'agit de faire une double-victoire. Celle de nos idées et celle de la gauche".

19h36 : le débat débute. Premier thème : les 100 premiers jours du quinquennat et les chantiers prioritaires. Pour Nicolas Hulot, il faut une assemblée constituante pour créer une VIe République "qui rééquilibre les pouvoirs". Deuxième chantier : la fiscalité, "partage de l'équité dans l'effort (...) Il faut une remise à plat de la TVA, impôt le plus injuste qui soit".
Pour Eva Joly, "la fiscalité est très importante", et il faut "une VIe République avec un gouvernement qui gouverne, un Parlement qui légifère et une justice plus indépendante". Autre priorité: "les élections au scrutin proportionnel avec droit de vote pour tous les résidants étrangers pour toutes les élections".
Et sinon ? "La sortie totale du nucléaire. Il faudra un travail à faire entre responsables politiques et experts sur une durée maximale de vingt ans. A côté de cela, il faut lancer l'industrialisation des filières d'énergies renouvelables".

19h48 : on parle de la situation économique et budgétaire de la Grèce. "La première chose c'est de croire en l'Europe" pour Nicolas Hulot. Qui ajoute: "L'Europe doit être solidaire de la Grèce, pour eux et pour nous. Il faut conditionner ses aides en fonction des réflexions écologiques. C'est le modèle économique et financier qu'il faut remettre en cause".
Eva Joly : "L'endettement grec est de 300 milliards. Les banques privées européennes et françaises doivent prendre leur part dans ces dettes".

19h53: Christine Lagarde à la tête du FMI ? "Je regrette qu'un pays du sud n'ait pas accédé à ce poste" (Hulot). "Ce n'est pas parce que c'est une femme que c'est une bonne nouvelle, assène Eva Joly. C'est une libérale. Elle a encouragé l'opposition à accepter le plan d'austérité. C'est une très mauvaise affaire parce qu'elle est l'auteur du plus scandaleux arbitrage qui soit, celui qui concerne Bernard Tapie".

19h58: Nicolas Hulot se fait le porte-parole d'une "croissance sélective" face à une "incroyable civilisation du gâchis". "Nous sommes dans un carrefour de crise, il faut faire des choix et définir des priorités. Il y a des choses à développer et d'autres à renoncer. La construction d'un grand stade près de Lyon, celle d'un nouvel aéroport non loin de Nantes".
Eva Joly : "Ce ne sont pas les finances publiques qui vont financer l'isolation de la villa de Liliane Bettencourt (...) je préconise de revenir à la fiscalité telle qu'elle était en 2000. Je veux un système plus juste, nous avons besoin de ressources nouvelles mais c'est une question de répartition".

20h08. Nicolas Hulot : "Le libéralisme est mort par la force des choses. il faut être fou pour croire que dans un monde qui a des limites, la croissance puisse être illimitée. L'innovation est plus envisageable dans le tissu des PME". Question: Y a-t-il un vrai devoir écologique des entreprises ? "Evidemment".

Eva Joly : "Nous sommes à la fin d'un cycle. Le temps de soutien à nos grands champions nationaux est terminé. Quand nous serons au pouvoir, nous aurons une politique très volontariste pour les petites entreprises. Certains vont au travail avec le mal au ventre, car il a perdu tout sens. On doit faire régner un climat d'épanouissement personnel dans les entreprises. Et je suis sûre que c'est possible car cela se fait dans d'autres pays".


20h13: Nicolas Hulot, "On est d'accord sur beaucoup de choses. Mais c'est aussi l'intérêt de ce débat". On avait compris.

20h14: Un ministère pour Nicolas Hulot ? "Ça ne m'intéresse pas, ce n'est pas la question, on n'est pas là pour quémander un ministère". Ah bon ? "On est là pour que l'écologie soit au pouvoir". Applaudissements nourris de la salle. "On ne va pas jouer au petit remaniement ministériel", confirme Eva Joly.

20h25 : "Les quartiers sont des lieux d'exclusion avec moins de transports, des classes plus surchargées. on doit déconstruire l'isolation"  (Eva Joly)

Nicolas Hulot: "Les problème des jeunes ? Le logement, la formation, leurs revenus. Nous, on est pas seulement dans le traitement des symptômes mais dans celui des causes. On va piloter le monde de demain avec les outils de demain".

20h39 : Un troisième Grenelle de l'Environnement ? "Nous aurons besoin de tout le monde pour arrêter des projets et un ordre d'urgence avec tous les partenaires" (Eva Joly).
Nicolas Hulot: "Il faut aller au bout du processus. Il y a des lois dont on attend 80% des décrets d'application. L'idée, ce n'est pas un Grenelle 3 : il faut changer d'échelle. On remet à plat le modèle agricole, le modèle économique, le modèle fiscal".

20h45: Le PS est-il écolo-compatible ? Pour Nicolas Hulot, "on partage des valeurs, c'est essentiel. Mais sur les valeurs que nous portons, nous restons très singuliers. Est-ce que les socialistes veulent remettre en cause le productivisme? Le libéralisme? Sont-ils prêts en se lancer dans une croissance sélective. L'objet d'une campagne c'est de créer des convergences".

Eva Joly: "Il y a des divergences assez profondes, notamment au niveau de la croissance. ils sont en faveur de grands projets pharaoniques que nous ne voulons pas construire. Quand l'opinion publique est mobilisée nous pouvons faire bouger les choses dans notre sens".

"Les écologistes ne doivent pas devenir centristes, ce sont les centristes qui doivent devenir écologistes" (Eva Joly)

20h58: Eva Joly : "On a appuyé sur le bouton "Laïcité" pour déclencher une machine anti-islam, anti-immigrés. En tant que binationale, cela me frappe particulièrement. Moi j'aime une France inclusive".

21h : Eva Joly doit conclure : "Je voudrais restaurer les services publiques. Nous savons que les crises sont devant nous, ce n'est pas en les démantelant que l'on peut préparer l'avenir (...)  Je demande vos suffrages pour porter le projet de la transition écologique".

21h05 : "J'ai confiance en ce mouvement, quels que soient les résultats, explique finalement Nicolas Hulot. Je suis engagé depuis 20 ans. Autant anticiper l'échéance plutôt que de le subir, c'est ça l'intelligence des écologistes et vous pouvez compter sur moi, comme on peut compter sur Noël, sur Cécile, sur Dany, sur Philippe. Et moi, j'y crois".

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par Nicolas Robert le 30/06/2011 à 22:46

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