JUSTICE Les avocats grenoblois lancent un "cri d'alarme" au ministre
Photo Christophe Agostinis
Les avocats de la cour d'appel de Grenoble ont adressé vendredi un "cri d'alarme" concernant le manque d'effectifs de greffiers et de magistrats dans la région, à l'occasion d'une visite du ministre de la Justice, Michel Mercier.
Alors que le ministre venait d'assister à l'installation du nouveau procureur général Paul Michel, les bâtonniers des ordres des avocats de Grenoble, Valence, Vienne et Bourgoin-Jallieu l'ont interpellé à la sortie de la salle d'audience en compagnie d'une quinzaine de leurs confrères pour "se faire les porte-parole des justiciables grenoblois". "Aujourd'hui un justiciable, pour obtenir un juge aux affaires familiales, doit attendre 8 à 9 mois. Ce n'est plus possible", a lancé Me Jean-Yves Balestas, bâtonnier de Grenoble. "Il y a, après la clôture d'une instruction à Grenoble, un délai de 18 mois avant que l'affaire soit évoquée devant une juridiction", a-t-il ajouté, affirmant que cette situation était "due à un manque d'effectif". "Il y a encore plus grave. Vous connaissez la maison d'arrêt de Varces: il y a un quartier disciplinaire qui fait honte à la République", a-t-il dénoncé. "C'est un cri d'alarme, on compte sur vous", a ajouté le bâtonnier.
Un peu plus tôt, le premier président de la cour d'appel avait indiqué que 56 postes de greffe étaient vacants sur les 531 de la juridiction. "Il y a un certain nombre de difficultés sur Grenoble, c'est vrai", a reconnu M. Mercier."Il y a un problème, notamment pour les jeunes: c'est le coût du logement qui fait qu'on n'a souvent pas de candidat", a-t-il affirmé. "Aujourd'hui, j'ai assez de postes de greffiers. Il faut simplement que les gens soient candidats", a-t-il ajouté.
Concernant la maison d'arrêt de Varces, la loi de programmation "qui sera votée à la fin de la session parlementaire" permettra de "régler le problème des prisons", a aussi assuré le ministre.
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par AFP le 24/02/2012 à 20:03

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