Campus EvE : La prolongation est confirmée, mais les usagers veulent un dialogue
C'est dit: la gestion d'EvE sera assurée par l'association Eponyme au moins jusqu'au 31 août. D'ici là, il faudra définir un nouveau modèle de gestion, où l'Université et les étudiants devront trouver leur compte.
Le Pres se veut rassurant en prolongant la DSP attribuée à l'association étudiante Eponyme, mais le comité d'usagers veut poursuivre la mobilisation.
On l'annonçait mercredi matin, le Pres (le pôle de recherche et d'enseignement supérieur, qui réunit tous les présidents d'université) vient de confirmer, par un communiqué, que "le mode de gestion actuel de l'Espace Vie Etudiante est prolongé jusqu'au 31 août 2012, tandis que les acteurs concernés travaillent ensemble pour préparer la suite".
Tout en restant évasif sur les différentes options possibles, le communiqué ne tarit pas d'éloges sur EvE, "élément phare de la vie étudiante", "espace culturel à part entière au sein de l'agglomération grenobloise". Et donc, "l'Université de Grenoble souhaite à cette occasion confirmer son attachement à un engagement aussi fort que possible des étudiants dans la gestion de cet Espace".
Pourtant, la gestion étudiante du lieu - grâce à une DSP (délégation de service public) confiée à l'association Eponyme - était menacée en début d'année scolaire. Début octobre, Alain Fernex (vice-président de l'UPMF, université en charge de la DSP avant un transfert au Pres, qui ne devrait plus tarder) nous disait : "On s’interroge sur la légalité de cette DSP : devenir brasseur n’est pas dans les responsabilités de l’université”, faisant référence à l'Espace café d'EvE. On parlait alors d'un modèle de gestion tripartite, où cet Espace café serait géré par un acteur extérieur, la gestion du personnel assurée par le Pres, ne laissant aux étudiants que l'animation du lieu. A l'époque, le Pres avait expliqué, dans un autre communiqué, que "des ajustements et évolutions doivent être opérés pour consolider certains aspects de gestion du bâtiment et des services associés", estimant plus loin que "la gestion administrative, financière, technique et juridique de l'ensemble est d'une lourdeur (particulièrement pour des étudiants et le temps qu'ils peuvent y consacrer pendant leurs études) et d'une complexité qui pourraient expliquer une partie des difficultés rencontrées à plusieurs niveaux ces dernières années".
Voilà pour le retour en arrière. Retour au présent. La prolongation de la DSP actuelle (qui nomme Eponyme comme gestionnaire de la structure, au nom de l'Université, donc) garantit que le lieu restera ouvert jusqu'à la fin du semestre, remettant au 31 août le lancement d'une nouvelle DSP. Mais pour autant, les groupes de travail, planchant sur un nouveau modèle de gestion (avec une nouvelle DSP... ou pas), continueront.
"Soit c'est un vrai pas en avant, soit c'est juste pour éteindre le feu"
"Et pour avoir une nouvelle DSP fin août, il faut lancer les appels d'offre au plus vite", réagit un membre du comité des usagers "Soutenir EvE". Ce groupement d'usagers, qui réunit une vingtaine de personnes, estime que "la prolongation de la DSP ne constitue pas du tout une avancée pour le futur de la gestion étudiante". "On a été plusieurs à être assez étonnés... On est soulagés au niveau des dates, oui, mais pour nos revendications, cette proposition ne règle rien", affirme-t-il. "Nous, ce qui nous intéresse, c'est qu'une association étudiante gestionnaire soit désignée, que ce soit Eponyme ou une autre".
Et le comité fait sa propre analyse de l'annonce du Pres : "Soit c'est un vrai pas en avant, soit c'est pour éteindre le feu... Parce que si le bâtiment fermait, ils se seraient retrouvés avec des centaines d'étudiants mobilisés". Peut-être aussi que la prolongation de la DSP était la décision la plus simple à prendre, et la plus arrangeante. "Ils ont dû se rendre compte qu'en fait, tout appartient à l'association, les meubles, les alarmes... Sans l'association pour gérer le bâtiment, ils avaient un bâtiment vide. Ils ont réalisé l'ampleur du travail réalisé par Eponyme".
Conclusion, pour le comité, l'annonce de la prolongation de la DSP ne veut pas dire que tout est réglé. "Il faut que le Pres soit prêt à discuter, à nous rencontrer directement, pas seulement par l'intermédiaire d'un groupe de travail. On a des questions, notamment pour les travaux qui sont prévus à EvE : on va se retrouver avec un service réduit, on ne sait pas pour combien de temps, et on ne sait pas non plus quelles solutions seront proposées, c'est le flou total". L'action continuera, donc, avec une première soirée de soutien, le 1er février, à EvE.
Envoyé au frigo, le dossier EvE? Il était sans doute question de donner un peu de sursis à un sujet épineux, qui concerne toutes les universités, à l'approche des élections des nouveaux présidents d'Université. Ceux-là même qui, siégeant au Pres, auront la main sur EvE dès la rentrée.
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par Sarah Lachhab le 06/01/2012 à 10:33

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