Frankenweenie (7,3 / 10)

Un film d’animation de Tim Burton. Sortie le 31 octobre 2012

On ne guérit jamais de son enfance, dit-on. Tim Burton, assurément, moins que personne. Son cinéma a toujours plongé dans ses rêves et ses cauchemars enfantins. A qui en douterait, il suffit de voir “Frankenweenie”, hommage aux films d’horreur qui ont subjugué son âge tendre, mais plus largement retour à son enfance dans une banlieue un peu monotone et triste, où Dracula et Frankenstein venaient apporter le frisson manquant. Le petit Victor, justement nommé Frankenstein, apparaît en cela comme son double évident, lui qui bricole des petits films où apparaissent des monstres ailés et qui, dans le grenier, au-dessus de l’univers bien propret et rangé de la maison familiale, se livre à des expériences qui ressemblent étrangement à celles du célèbre savant dont il porte le nom. Passionné par la science, que lui enseigne un professeur étrange qui est la tête coupée de Vincent Price, il apparaît comme un enfant solitaire et en marge, qui ne trouve la compréhension affective qu’auprès de son chien Sparky.
            Or voici que Sparky se fait écraser. Douleur immense. Mais idée aussi que tout n’est peut-être pas perdu et que, lui qui connaît le pouvoir de la science, il doit bien être capable, par une de ces expériences électriques dont il est coutumier, de le ramener à la vie. Et il y parvient. Son Sparky, sorte de créature de Frankenstein recousue un peu comme une peluche raccommodée, vient donc faire la preuve du génie créatif du gamin, lequel génie se vérifie à travers ce film d’animation, ou plutôt de réanimation, qu’est précisément sur l’écran d’aujourd’hui ce “Frankenweenie” qui, bien des décennies plus tard, ramène à la vie le chien-chien de son enfance. Génie un peu fou au demeurant, qui cultive volontiers le macabre et le terrifiant : dans un noir et blanc lourd d’orages et de cimetière sous la lune, l’expérience tentée sur Sparky va s’étendre à d’autres animaux moins bien intentionnés, engendrant un bestiaire de créatures monstrueuses, sorties tout droit des contes fantastiques, des films d’épouvante et surtout d’une imagination débordante. Tout un cinéma défile dans ce cauchemar animé, où les amateurs reconnaîtront toute une série de références à l’âge d’or des studios, mais aussi nombre de renvois au cinéma de Tim Burton lui-même, plus du côté des “Noces funèbres” et d’“Edward aux mains d’argent” que d’“Alice au pays des merveilles”. Encore que… Dans tout conte pour enfant, le fantastique est là, pour exorciser les peurs premières. Celles de Tim Burton n’en finissent pas – c’est d’ailleurs un peu leur limite, répétitive - d’être délicieusement cauchemardesques.

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par Jean Serroy le 31/10/2012 à 14:34

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