portrait Avignon/ Jean-Pierre Roux, "un fonceur au physique de rugbyman"

Il aimait "la bonne chère, les belles femmes et les victoires". Il a marqué la vie politique avignonnaise et mis le pied à l'étrier de pas mal d'élus actuels. Qui était Jean-Pierre Roux?

Quand on interroge les politiques qui ont livré bataille à ses côtés, c’est son dynamisme qui, d’emblée, marque les esprits. Photo Jean Leclaire.

Quand on interroge les politiques qui ont livré bataille à ses côtés, c’est son dynamisme qui, d’emblée, marque les esprits. Photo Jean Leclaire.

Un fonceur au physique de rugbyman.

Quand on interroge les politiques qui ont livré bataille à ses côtés, c’est son dynamisme qui, d’emblée, marque les esprits. "Il aimait la bonne chère, les belles femmes et les victoires" confie un Avignonnais qui l'a bien connu.

Jean-Pierre Roux était un homme charismatique, tennisman à ses heures perdues, il aimait aussi la voile et la pêche sous-marine. Un homme de challenges, de défis.

Nous sommes en 1983 et la France est Mitterrandienne

Et c’est sans doute dans cet esprit frondeur qu’il est parti, accompagné dans ce périple par Alain Dufaut, à l’assaut d’Avignon. Nous sommes en 1983 et la France est mitterrandienne. Avignon est à gauche, presque depuis toujours, en tout cas depuis qu’Henri Duffaut, sénateur et maire socialiste depuis 25 ans règne en maître sur la cité . Usure du pouvoir ou sanction de la politique de "Tonton", toujours est-il que le "fonceur" est élu au premier tour à la surprise générale.

Elu au premier tour avec 179 voix d'avance

Alain Dufaut, devient son 2e adjoint et se souvient avoir préparé dès 1975, alors que Jean-Pierre Roux était ingénieur au Tricastin, cette victoire avec son ami centriste. Elu au premier tour donc, avec 20 123 voix et seulement 179 voix d’avance sur les deux candidats de gauche, Jean-Pierre Roux fait basculer la ville à droite. Une victoire historique pour celui qui fut maire de l’Isle-sur-la-Sorgue de 1965 à 1971 et député de Vaucluse de 1968 à 1973.

A 44 ans, à la tête d’une liste RPR-UDF, il conquiert Avignon où, adolescent, il avait fait ses études. C’est à l’Ecole des Ponts de Paris qu’il avait poursuivi son cursus pour devenir ingénieur des Ponts et Chaussées le conduisant d’abord sur le site du Tricastin avant d’être affecté au ministère de l’Equipement, à Paris.

Adjointe à la culture, une certaine Marie-Josée Roig

Dans sa liste, il nommera une femme adjointe à la Culture, une certaine… Marie-Josée Roig. Il perdra ensuite son siège de maire en 1989 face à Guy Ravier, maire socialiste, refusant une liste d’union avec l’extrême droite.

Retiré de la vie politique depuis de nombreuses années, Jean-Pierre Roux perd son épouse, Franca, en septembre 2006 avec qui il avait eu deux enfants, Claire et Jean-André.

En 2008, un retour forcé à la politique

En 2008, il tente un retour aux affaires municipales, largement poussé par le sénateur et conseiller général Alain Dufaut qui a juré de faire perdre celle qu’il voue aux gémonies, Marie-Josée Roig. Mais les instances de l’UMP menace d’exclure le sénateur qui retire ses billes du jeu, rapidement suivi par l’ancien maire d’Avignon qui n’avait pas plus envie que ça de repartir au combat.

Depuis plusieurs mois, ses proches le savaient atteint d’un cancer. Dernièrement, les soins qui lui étaient prodigués n’étaient plus utiles et il est rapatrié chez lui où il s’est éteint ce matin. Refermant, à quelques semaines près, le livre-anniversaire d'une victoire vieille de 30 ans... Et quelques orphelins et nostalgiques.

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par Noëlle Réal (avec l'aimable collaboration de Jean Leclaire) le 17/01/2013 à 19:09

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