politique locale Avignon/Un dernier conseil municipal haut en couleurs

Dernier conseil municipal de la députée Fournier-Armand ? En tout cas, ordre du jour chargé avec notamment le renouvellement de tout l'éclairage public, la 2e partie du Fisac pour le commerce de proximité, un compte administratif "satisfaisant", et la Ville qui s'associe à 60 collectivités pour faire des emprunts bancaires...

Le conseil municipal avait lieu au centre de loisirs de la Barthelasse. Photo SoM

Le conseil municipal avait lieu au centre de loisirs de la Barthelasse. Photo SoM

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Samedi 30 juin pour le dernier conseil municipal avant le break estival dans le cadre champêtre du centre de loisirs de la Barthelasse comme il est de tradition depuis trois ans, le quorum des élus était largement atteint. Après avoir rendu hommage à Marjorie Amiard, conseillère municipale à la promotion des droits de la femme, à l'action sociale et aux actions en faveur des handicapés, récemment disparue des suites d'une longue maladie, Marie-Josée Roig a tenu à adresser ses « sincères et républicaines félicitations à Mme Fournier-Armand pour son élection au mandat de député. »

« Nous ne manquerons pas de vous sollicitez madame ! »

A peine installée dans ses nouvelles fonctions, l'élue PS d'opposition (pour combien de temps encore ?) désormais parlementaire a reçu un petit coup de pression de la députée sortante : « Avignon a plus que jamais besoin de l'attention particulière de l'Etat en ces temps difficiles de rigueur et de choix budgétaires », lance Mme Roig à son opposante. Il faudra veiller ensemble qu'Avignon ne pâtisse pas de choix budgétaires trop vite effectués. Mais c'est également une ville aux projets multiples en matière de développement touristique, culturel, de transports pour lesquels nous ne manquerons pas de vous sollicitez madame ! »
Dans un échange très cordial, auquel le public des conseils municipaux n'est guère habitué entre les deux femmes politiques, la nouvelle députée a remercié le maire, et l'a assuré de sa « volonté d'aller partout où je pourrai trouver des solutions pour ma circonscription et travailler au bien commun et à l'intérêt général. J'ai le sens des responsabilités ! » Ce sont là les seuls mots que les deux femmes auront échangé dans la journée puisque Mme Fournier-Armand est partie de la séance à peine 30 minutes plus tard prétextant un rendez-vous.

75% de l'éclairage public reconstruit

Entre temps, une seule délibération avait été traitée concernant la mise en place d'un contrat de partenariat avec une société (INEO Réseaux Sud-Est, filiale de Suez) pour la reconstruction, la gestion et la maintenance de l'éclairage public. « Avignon est une ville particulièrement éclairée, explique l'élu aux travaux Philippe Marcucci, mais nous avons un parc vieillissant et il est temps d'agir ». Ainsi dans un souci de sécurité et d'embellissement de la ville, 75% du parc va être reconstruit (soit 14 980 points lumineux), 5 500 mâts rénovés, 100% des armoires électriques changées, une partie du réseau aérien de l'éclairage public enfoui tandis que 30 km de câble souterrain seront rénovés.
« La qualité de l'éclairage va changer passant du jaune au blanc donnant une meilleure qualité de lumière, explique M. Marcucci, tandis le pont Saint-Bénézet et le palais des Papes seront dotés d'un éclairage particulier ainsi qu'un parcours lumineux entre les deux monuments. » Coût de l'opération : 37 M€ sur 15 ans, dont 2, 60 M€ à la charge du Grand Avignon (pour l'éclairage de certaines voieries appartenant à la communauté), ce qui revient à un loyer annuel pour la Ville de 2,15 M€. « Il y a un engagement contractuel fort du groupement pour une économie d'énergie significative d'au moins 30% », conclut l'élu.
Pour Chantal Lamouroux du groupe PS, ce nouveau contrat « manque de vision à moyen terme, cela n'englobe pas tous nos besoins ». Elle s'inquiète aussi des nuisances pour les commerçants et riverains dues aux travaux, et propose aussi « pour faire des économies d'énergie de demander aux commerçants d'éteindre leurs vitrines la nuit. »
Quant à Max Rieux pour le groupe RGEA en l'absence de son leader André Castelli, il regrette l'appel à un partenariat privé/public avec un « groupe capitaliste multinational », et préfererait « une gestion en direct de la Ville ». Sur quoi Christine Lagrange, élue PS, renchérit réclamant dans un brouhaha la parole qu'elle n'obtiendra qu'en pointillés avant que le maire, puis la première adjointe Mme Rozenblit, lui demande de se taire. « Vous me retrouverez en 2014, je serai candidate », (lire également ici) lance-t-elle alors en estocade. Toute l'opposition vote contre cette délibération.

Un regroupement de collectivités pour emprunter aux banques

La séance avance. On passe à une délibération qui donne délégation au maire pour représenter Avignon au sein d'un regroupement d'une soixantaine de collectivités (communes, EPCI, départements et régions tels que Grenoble, Saint-Etienne, les communautés d'agglo de Lyon, Marseille, Toulon, Montpellier, Béziers, Perpignan, les conseils généraux de la Loire, du Var, du Vaucluse, des Pyrénées-Orientales, la Région Languedoc-Roussillon...) Contracter des emprunts auprès des banques étant devenu de plus en plus périlleux, ce collectif s'est formé sous l'égide de l'association des maires des grandes villes de France et a lancé une émission obligataire pour près d'un milliard d'euros. « Notre commune réservera 5 millions d'euros destinés à assurer notre financement et à rembourser par anticipation des emprunts plus coûteux. »
Pour l'opposition, Max Rieux (RGEA) s'inquiète quant à lui de cette « lancée sur les marchés financiers. Alors qu'il suffirait de la mise en place d'un pôle public bancaire qui travaillerait les financements en direct avec les banques. Il faut refuser de donner du pouvoir aux marchés financiers. » Le groupe RGEA vote contre, les PS et Radicaux s'abstiennent.

« Une hausse dans les investissements et une baisse de la dette »

Comme chaque année à même période, il est l'heure du compte administratif du budget principal : il permet de retracer l'exécution du budget de l'exercice écoulé. Ce qu'il faut retenir notamment c'est que « l'ensemble des soldes d'épargne progresse, grâce à une maîtrise des charges de fonctionnement », a précisé Mme Roig, soutenue par l'adjoint au budget, Frédéric Rogier. La capacité d'autofinancement de la Ville augmente de +0,8M€ (soit + 3,5%) du fait d'une progression plus dynamique des recettes que des dépenses de gestion.
Par ailleurs, les dépenses d'équipement réalisées excèdent pour la 6e année consécutive les 34,6 M€. L'équipe municipale se félicite d'un autofinancement à hauteur de 60% et de la baisse de la dette. « Fin 2011, on n'est plus en effet qu'à 187,5M€ contre 192,1M€ fin 2009 », explique M. Rogier. Nous sommes à 7,4 années de capacité de remboursement, ce qui est une belle performance. »
Ainsi, la dette par habitant en 2011 est de 2 030€ contre 3 623 € en 1995. « Tout cela est possible car il y a une constance du mouvement : une hausse dans les investissements et une baisse de la dette », ajoute l'adjoint au budget.
Paul Hermelin (PS) ne voit là « pas de grandes surprises puisque cela traduit le budget voté il y a un an. » Mais il regrette cependant « l'énorme attention portée à l'intra muros dans l'investissement plutôt qu'au social sacrifié aux grands travaux. »

Plan Fisac : un colloque sur le commerce de proximité

Autre délibération marquante de ce conseil, la validation de la 2e phase du plan Fisac dans le cadre d'une redynamisation du commerce de proximité. Grâce à cette subvention de l'Etat (382 220 €), des actions directes pour les commerçants et artisans vont être mises en place. « Nous avons deux principaux axes de travail, détaille Florence Verra, élue en charge du commerce : la mise aux normes des commerces d'ici le 1er janvier 2015 pour une accessibilité aux personnes à mobilité réduite avec une aide directe plafonnée à 4000 € HT par établissement, ainsi qu'une mise en valeur des devantures commerciales, plafonnée à 8 000 € HT par établissement. »
Dans la partie fonctionnement, la subvention du Fisac servira aussi dans la partie fonctionnement avec l'organisation de diverses animations (fêtes de Noël, jardins éphémères et chasse au trésor, marathon photo, animations sur les métiers de bouche), et actions commerciales (sonorisation des rues commerçantes, accompagnement des commerçants vers le e-commerce), ainsi qu'un colloque sur le commerce de proximité. Christine Lagrange (PS) estime que malgré toutes ces propositions « il n'y a pas de vision de fond sur le commerce en centre ville, pas d'articulation entre l'intra et l'extra muros. »
Et de revenir sur la décision de la cour d'appel administrative de Marseille qui a rendu caduque la « taxe trottoir » proposée par la Ville fin 2010. (lire également ici) (Christine Lagrange est l'origine de la plainte d'annulation de cette délibération) Florence Verra rétorque que « la Ville a décidé de se pourvoir en cassation devant le conseil d'Etat et que pour l'instant rien n'est définitif. »


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par Sophie Moulin le 01/07/2012 à 09:32

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