Le nouveau visage de la rue Aumône vieille

Le 6 avril, les commerçants de la rue Aumône-Vieille ont organisé leurs 4e nocturnes artistiques. Les commerçants de cette rue pas si bien connue des Aixois, accueillaient les œuvres d’artistes très différents. À cette occasion, Aix News est allé à la rencontre de ces personnes qui redonnent un nouveau souffle à cette « vieille » dame.

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Mélanie de Only Colors : comme il est écrit sur sa carte de visite, Mélanie nous reçoit dans un espace unique et chaleureux. Unique car la décoration, pour un salon de coiffure, est atypique. Pour preuve, la cliente que Mélanie coiffe est installée confortablement dans un fauteuil capitonné, devant un miroir à dorures aux proportions étonnantes. Des chandeliers, des tentures, des bijoux, ornent ce minuscule salon dans lequel on se sent tout de suite à l’aise. D’ailleurs la cliente, pieds calés sous les fesses, n’hésite pas à participer à la conversation. Et à abonder dans le sens de Mélanie, pour dire que ce coin de la ville est à part. Et c’est ça qui est chaleureux, chez Only Colors. On y ressent une grande ouverture d’esprit, à quoi il faut ajouter un côté arty qui donne une couleur à son salon, et qui se transmet à la rue. Car Mélanie, en plus d’être sensible à l’art, accueille des artistes. Avec Yaëlle, la responsable de la bijouterie située quelques mètres plus bas, elles exposent durant trois mois des artistes pour les aider à se faire connaître. Il règne donc une ambiance spéciale dans cette rue, qui n’est pas sans rappeler le quartier londonien de Camden.

Jacques, Le Curieux : Il suffit de faire quelques pas pour entrer dans un univers totalement différent. L’homme qui vous reçoit est volontiers silencieux. Installé dans cette rue depuis seize ans, il a été témoin de la dynamique mise en place par les nouveaux arrivants. Il aime cet esprit artistique, libre et parfois décalé. On n’entre pas dans cette boutique par hasard. On entre au Curieux avec une idée en tête ou… par curiosité. Dans cette minuscule surface, lingerie et déguisements plus ou moins explicites s’offrent à vos yeux. Du cuir et des chaînes, de la dentelle, du latex. Pas que du X. Le patron a précisé sur sa carte : “lingerie Xyz”. Si l’on fouille bien, on déniche même du léopard. Le (la) client (e) averti (e) y trouvera tout ce qu’il (elle) cherche pour agrémenter ses soirées. Mais qu’on ne s’y trompe pas. En aucun cas, il ne s’agit d’un sex-shop. La clientèle y est diverse et variée. En plus des premiers cités, des gothiques et des punks viennent s’y habiller, et y trouvent toutes sortes d’accessoires branchés. D’ailleurs, le patron des lieux, dont la chevelure blanche nous aide à le situer dans cette avalanche vestimentaire, nous avoue volontiers que ce qui l’intéresse le plus, c’est l’être humain. Et le contact que son magasin lui a permis d’établir avec lui. “Chaque client est unique”, confie-t-il. “Ils entrent tous dans le même endroit, mais le voient et le ressentent de manières très différentes.”

Christian de la cordonnerie des tanneurs : en voilà un qui connaît bien Aumône Vieille. Chez Christian, on répare, entre autres, talons et semelles depuis 1952 : “je suis la deuxième génération, je suis même né dans cette rue”. Le cordonnier porte sur sa rue, qui n’a pas toujours bonne réputation un regard bienveillant : “c’est sympa et convivial, on se connaît. Cette rue n’est pas un axe même si Bédarrides et Espariat ne sont pas loin. Je me rends compte que les Aixois ne la connaissaient pas bien finalement. Et moi elle me fait penser à un quartier comme Montmartre”. Christian se réjouit de l’organisation des nocturnes et du coup de projecteur qu’elles apportent sur sa rue : “la prochaine en juin sera encore meilleure avec des ateliers pour enfant et une chasse au trésor. Chez moi il y aura un potier qui fera des démonstrations avec un tour.

Nicolas de Rêve de manga : il affiche un large sourire quand on lui demande de parler de sa rue : “je suis ouvert très tard alors oui je peux vous dire que c’est animé. Il y a tous les jeunes qui descendent de la rue de la Verrerie”. Mais Nicolas Noell est loin de résumer sa rue à l’allée de l’alcool : “c’est clair qu’elle n’est pas très connue ou alors par les clients du Curieux. Et ces nocturnes prouvent que l’on peut mener des actions ensemble”. Lors de cette édition, Rêve de manga a accueilli les toiles et les illustrations d’Harry Gaabor et LiliB dans son espace de lecture. Et la prochaine édition qui aura lieu en juin tient particulièrement à cœur à Nicolas : “ça coïncidera avec le troisième anniversaire de mon ouverture dans la rue”

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par Dossier réalisé par Stéphan Dudzinski et Jean-Louis Tortora. Photos Henry ELY AIX le 09/04/2013 à 11:08

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