Alexandre Donsimoni et Jérémy Roussel Amicalement vôtre

Le premier entraîne le PAUC, le second le PAN. Entre le handball et le water-polo, Jérémy Roussel, 35 ans, et Alexandre Donsimoni, 34 ans, ont trouvé un terrain commun, celui de l’amitié. Rencontre avec deux jeunes coachs aixois “enfoirés de la nouvelle génération”.

Alexandre Donsimoni coach du pays d’Aix water-polo et Jérémy Roussel, coach du pays d’Aix université club handball. Henry ELY AIX

Alexandre Donsimoni coach du pays d’Aix water-polo et Jérémy Roussel, coach du pays d’Aix université club handball. Henry ELY AIX

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Vos équipes vivent des saisons difficiles pour des raisons différentes. Où en êtes-vous ?

JR : dans l’ensemble c’est une saison riche. Nous sommes montés en LNH et je poursuis mon parcours initiatique en tant que jeune coach. Notre saison a été impactée par notre calendrier diabolique en début de saison. Et sept défaites de suite ça a été difficile même si on ne manquait pas de cohérence. Ensuite l’arrivée des Karabatic a été un virage. On est 12 e aujourd’hui, premier club non relégable.

AD : cette saison, on a commencé en se disant qu’on pouvait jouer l’Europe, c’était serré. Après on a joué de malchance avec Tomasevic qui a chopé la rougeole et qui était out pendant six mois. Et mon groupe est encore très jeune et découvre le professionnalisme. Aujourd’hui on est 8 e.

La pression est forte quand le club joue le maintien ?

JR : oui mais c’est un excellent carburant. Après il ne faut pas y perdre la tête et se laisser polluer. L’important c’est d’avoir fixé un cap et qu’il est partagé par tous.

AD : je ne suis pas épié comme Jérémy au hand. Oui il y a la pression des dirigeants, de la presse mais c’est surtout celle qu’on se met en tant qu’entraîneur parce qu’il faut toujours se remettre en question.

Quelles sont les similarités entre vos sports ?

JR : je connaissais assez peu le water-polo avant de rencontrer Alex. Et j’ai été agréablement surpris. C’est un sport de lancer comme au hand, avec l’utilisation d’un pivot et il y a du vrai combat physique.

AD : l’organisation spatiale au hand est assez similaire avec l’usage d’un jeu de transmission. Et il y a tout ce côté biomécanique lié au ballon qui est très proche.

Quel joueur de l’autre sport tu prendrais dans ton équipe ?

JR : Zoltan Varga qui me paraît être un chasseur de buts et avoir une autorité rassurante.

AD : Je prendrais Nikola Karabatic mais sans le faire jouer. Sa simple présence dans le vestiaire apporterait plus de professionnalisme dans le groupe.

Que vous apporte votre amitié en tant que coach ?

JR : il y a parfois des moments de solitude quand on est entraîneur et c’est bien de pouvoir partager ses états d’âme qu’on ne peut pas toujours évoquer avec les dirigeants ou les joueurs. Et après avec un collègue entraîneur, je peux passer des heures autour d’une bière à discuter management.

AD : je pense que tous les deux, on n’a pas forcé les choses pour que ça colle. On a des points communs, on est de jeunes entraîneurs, on n’aime pas trop être mis en avant. Se retrouver pour échanger sur notre métier s’est fait naturellement.

Votre jeunesse au poste d’entraîneur est-elle un handicap ?

JR : on me parle souvent de mon âge parce que je suis le plus jeune de LNH mais ce n’est pour moi ni un avantage ni un inconvénient. Je ne fais pas de complexe d’infériorité.

AD : quand j’ai commencé à entraîner Aix il y a sept ans, j’étais le plus jeune coach français. Et aujourd’hui ça fait aussi de moi le plus ancien (en longévité) à la tête d’une équipe aixoise. Je pense qu’avec Jérémy on est un peu des enfoirés de la nouvelle génération (rires).

Votre meilleur souvenir d’entraîneur ?

JR : évidemment la montée en LNH l’année dernière. Mais aussi mon premier match quand je suis arrivé au PAUC. C’était en novembre 2010, il fallait gagner à Billère. On l’a fait, le club a pris de précieux points et moi de la crédibilité.

AD : j’ai bien bourlingué sur les équipes de jeunes avant de prendre l’équipe première. Et c’est comme pour les amours d’ados, tout est démesuré. Alors le meilleur c’est le titre de champion de France avec les jeunes.

Votre avenir à Aix ?

JR : je suis engagé jusqu’en 2016. Mais franchement je ne suis pas dans la préoccupation permanente de durer. Un ami entraîneur de rugby m’a dit que ce métier s’exerce entre deux crises, celle qui te fait arriver et celle qui te fait partir. C’est la règle du jeu. Maintenant je suis bien à Aix, le club progresse bien mais je sais que la fonction dépasse l’homme.

AD : je suis dans une situation différente parce que je suis en CDI. Mais je ne suis pas de ces entraîneurs qui essaient de survivre et qui ne prennent pas de risque. Aujourd’hui le club me fait confiance mais il faut toujours entretenir la flamme de la compétitivité parce qu’on est sur de l’humain et que ça se joue à rien.

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par Stéphan Dudzinski le 09/04/2013 à 09:49

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