Prestations sociales Tous ces Isérois qui ne réclament pas le RSA

Et si les travaux des chercheurs grenoblois du laboratoire Odenore, présentés lors de la conférence sur la pauvreté et l’exclusion la semaine dernière à Paris, inspiraient de nouvelles politiques publiques…

Pour le RSA comme pour d’autres prestations, le manque d’information, la complexité des dispositifs et la honte ressentie à demander de l’aide expliquent les excès de non-recours, dont 68% rien que pour le RSA activité. Photo archives Le Dauphiné Libéré

Pour le RSA comme pour d’autres prestations, le manque d’information, la complexité des dispositifs et la honte ressentie à demander de l’aide expliquent les excès de non-recours, dont 68% rien que pour le RSA activité. Photo archives Le Dauphiné Libéré

Si le sujet du non-recours aux prestations sociales n’était pas selon lui “aussi préoccupant”, si depuis dix ans ce chercheur du laboratoire Pacte et de l’Observatoire des non-recours aux droits et services (Odenore) créé en 2003 à Grenoble au sein de la Maison des sciences de l’homme ne tentait pas désespérément que “les acteurs publics et sociaux s’emparent enfin de ce dossier”, Philippe Warin en rigolerait presque d’être “à ce point sollicité par les journalistes ces derniers temps”…

Il faut dire que le livre publié début novembre par Odenore et intitulé «L’envers de la fraude sociale» (La Découverte) a fait l’effet d’une bombe. Jusqu’au plus haut sommet de l’Etat puisque, lors de la conférence sur la pauvreté et l’exclusion qui s’est tenue la semaine dernière à Paris, il fut largement question des “5,7 milliards d’euros de RSA (Revenu de solidarité active), des 700 millions d’euros de CMU (Couverture maladie universelle complémentaire) ou encore des 378 millions d’euros d’aide à l’acquisition d’une complémentaire santé, qui, chaque année, ne sont pas versés à leurs destinataires”. Des sommes non réclamées en raison d’un manque d’information, de la complexité des dispositifs ou de la honte ressentie à demander de l’aide.

Alors depuis le temps qu’il tire la sonnette d’alarme, arguant que ce phénomène contribue à accentuer la pauvreté, Philippe Warin se dit maintenant que “les choses vont peut-être bouger”. S’il aura fallu une décennie de travaux pour “montrer que la recherche en sciences sociales peut elle aussi avoir un impact sur la société et donner lieu à de nouvelles politiques publiques”, il n’est pas sûr en revanche que le message ait été totalement compris au niveau national… “Les conditions sont réunies aujourd’hui pour que des actions soient engagées afin de tenter de remédier en partie au problème, mais bizarrement, souligne Pierre Mazet, ingénieur d’études à Odenore, les annonces faites par le Premier ministre à l’issue de la conférence ne vont pas vraiment dans ce sens-là. Même si on sent que du côté de la Sécu, de l’Assurance maladie ou de la Caisse d’allocations familiales, la problématique du non-recours va devenir centrale”. Comme du côté des collectivités locales qui ici, plus qu’ailleurs, se sont déjà emparées du sujet. Et comptent bien aller plus loin encore.

Infos article

Notez l'article

par Gwendoline Beziau le 22/12/2012 à 10:18

Vos commentaires

Réagissez aux articles en vous connectant, cliquez ici.

Poster un commentaire / Inscrivez-vous, si vous n'avez pas de compte

Se connecter

Pour accéder à votre espace personnel, vous devez fournir un identifiant et un mot de passe.

Derniers commentaires

Articles les plus...

  • lus
  • commentés