VIE MUNICIPALE Mairie de Grenoble: un pétard parti de la tribune?

Marie-Claire Nepi (Grenoble Démocrates / majorité) a-t-elle “dérapé” dans le journal municipal ? Ses anciens collègues centristes le pensent. Mais l’élue persiste et signe. Et contre-attaque!

Entre Marie-Claire Nepi et Morad Bachir Cherif, il y avait déjà bien des divergences. Etmaintenant, il y a une tribune.
Entre Marie-Claire Nepi et Morad Bachir Cherif, il y avait déjà bien des divergences. Etmaintenant, il y a une tribune.

On passe toujours rapidement sur ces deux pages-là du journal municipal: trop de texte(s) et de blabla, de portes ouvertes, de “bouh la majorité”, de “c’est la faute d’untel” ou de “voilà ce que nous faisons pour notre superbe ville”. En gros.
On a eu tort ce coup-ci. Faut dire que Marie-Claire Nepi (Grenoble Démocrates) y a mis du sien. “La société délitée”, titre-t-elle sa tribune. Et, d’une phrase à l’autre, ce sont “les communautés qui amorcent un repli sur elles-mêmes”, des “individus au-dessus des lois”, les “bandes de voyous”, les “zones de non-droit”, “chiens dressés à l’attaque”, “jeunes menacés ou frappés”, jusqu’à envisager “la suppression du RSA aux trafiquants” et de “sanctionner les parents pour complicité d’actes délictueux”. Evidemment là, on résume et on vous invite à lire le texte dans son intégralité.
La réaction n’a pas tardé et elle est venue... de la majorité dont elle fait partie. Plus précisément de ses collègues et voisins de conseil municipal Stéphane Gemmani et Morad Bachir Cherif (Sociaux démocrates de Grenoble), ex-copains du groupe MoDem avant que celui-ci n’explose : “Nous condamnons avec la plus grande fermeté ces propos qui vont au-delà de ce qu’une majorité plurielle et humaniste peut supporter”, écrivent-ils.

“Des mots dignes de la droite dure, de Copé”

Bachir Cherif, au téléphone : “Ce sont des mots dignes de la droite dure, de Copé, il y a un amalgame fait entre l’immigration et la délinquance... Nous ne voulons simplement pas être associés à des propos aussi démagos !”
Côté mairie, on essaie de calmer le jeu, on rappelle que “l’expression est libre dans ces tribunes”, que “le maire, directeur de publication de Nouvelles de Grenoble, n’intervient pas sur ces pages”. Même si ce n’est pas l’envie qui doit lui manquer parfois... Quand Go écrit ceci, et le PC cela.

“Moi, c’est sûr, je n’aurais pas employé ces mots-là”, reconnaît Abderrhamane Djellal, PS, président de l’intergroupe. “Les propos de Marie-Claire n’engagent pas la majorité municipale, ni de près ni de loin. Ils engagent la responsabilité de son groupe. Point”. A-t-il été choqué ? “Franchement ? Il faut faire très attention aux mots qu’on emploie. Mais j’y vois le cri du cœur d’une élue de secteur”.

“Les bobos” et “ceux qui ne savent pas lire”

“Je persiste et je signe”, nous répond Marie-Claire Nepi. “Moi, je suis constamment sur le terrain, j’entends les souffrances des habitants de Mistral. Ne pas raconter la réalité, car ce n’est que ce que j’ai fait, c’est faire le lit du FN. J’ai voulu crier haut et fort cette réalité, cette délinquance qui empoisonne la vie des honnêtes gens, les menaces, l’omerta. J’ai voulu que tout le monde sache et notamment les bobos qui disent que tout va bien... Ceux qui ne comprennent pas cela, c’est qu’ils ne savent pas lire !” Elle raccroche. Et ajoute par SMS : “Le groupe Sociaux démocrates, par sa réaction, se démarque des populations en souffrance et choisit donc le camp des voyous. Dont acte”.

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L'article terminé, on a reçu un communiqué de Philippe de Longevialle, président de "Grenoble Démocrates". Qui écrit notamment ceci: "Morad Bachir Cherif et Stéphane Gemmani, oubliant d'où ils viennent et comment ils sont devenus élus de Grenoble, et sans doute plus préoccupés par leur petit strapontin pour les prochaines échéances municipales, ne peuvent pas savoir ce qui se passe dans ces quartiers, car personne n'a souvenir de les avoir vus lors des nombreuses réunions publiques de quartier depuis le début du mandat. Leur "indignation", hélas sélective, serait bien plus utile dans la compassion et l'action auprès de ces familles qui vivent chaque jour dans la crainte du lendemain, que pour des coups politiciens sans avenir".

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par Stéphane Echinard le 26/11/2012 à 09:42

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