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société Grenoble, c'est vraiment une ville de montagne ?

La montagne est belle, chantait Jean Ferrat. Comment peut-on imaginer que les habitants de la capitale des Alpes n’en profitent pas pleinement ? Trop chère ? Trop centrée sur le ski ? Trop dangereuse ? Idées fausses et vrais débats…

“Au bout de chaque rue, une montagne”. Photo Jean-Jacques Goustille

“Au bout de chaque rue, une montagne”. Photo Jean-Jacques Goustille

Grenoble doit vivre entre deux caricatures. La première, vue du reste de l’Hexagone, veut que les touristes français (et parisiens en particulier) débarquent en moonboots à la gare, tellement la ville est proche des stations. La seconde, vue du haut des sommets, décrit les Grenoblois comme des citadins qui ne connaissent de la montagne que les stations de sports d’hiver, quelques coins à champignons. Et les longues files de voitures que les grosses journées de ski sont susceptibles de générer, comme samedi dernier au demeurant. Bref. A Grenoble, la montagne est certes le décor. Sur cela tout le monde s’accorde. Mais un art de vivre ? Cela reste à définir. L’étudiant moyen (on en a croisé un pour la forme) avoue n’être allé “que trois fois en cinq ans d’études à la montagne”. Un autre dit que “c’est trop cher”. Et si on avait cherché, sûrement pas trop longtemps, le mot “dangereux” serait probablement sorti.
Et tout ça pour dire quoi ?
A Grenoble, une “coordination (nationale) montagne” est née fin janvier. Niels Martin, 33 ans, en est le directeur. Il balaie d’un revers de gant les clichés : “Il y a 450 000 Grenoblois, on trouve de tout”. Il a raison, sans aucun doute. Et son travail à lui va être de répondre à un certain nombre de constats, plus ou moins transversaux (l’accès des jeunes aux pratiques de montagne, l’hébergement, la promotion, l’accès aux espaces de pratique, etc.) Niels rappelle: “Souvent, on n’a pas l’impression que c’est simple de pratiquer. Les activités sont morcelées, les informations difficiles à trouver”. La Maison de la montagne, pour ça, est un “bon lieu”. D’ailleurs, un espace virtuel “pour centraliser l’information” serait idéal et apporterait des réponses immédiates aux questions. La pratique est chère ? “A Grenoble, c’est possible de partir à pied ou en bus, pour faire une rando. Certains sites sont tout proches. Les clubs, dont il faut dépoussiérer l’image, peuvent aussi apporter une solution”. Et, finit Niels, “on doit aussi lutter contre une image de dangerosité de la montagne, véhiculée notamment par les faits divers des médias”.
Alain Pilaud (lire ci-dessous) pouvait répondre à ça : “Il faut avertir du danger, appeler les gens à la vigilance mais aussi savoir raison garder. Il n’y a pas plus de morts en montagne que dans les piscines privées, par exemple. ll faut dire aux gens de ne pas partir sans arva ou sans appeler la météo. Mais une fois que les précautions sont prises... la montagne n’est pas plus dangereuse que ça”.

Coordination montagne (3, rue Raoul-Blanchard) à Grenoble. Tél. 09 81 17 82 99

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par Emmanuel Gallant le 25/02/2012 à 11:32

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