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RENCONTRE "Moi, Mohammad, étudiant syrien à Grenoble"

3 000 kilomètres le séparent d’ Homs, sa ville natale, en Syrie, en proie aux bombardements de l’armée de Bachar al-Assad. Mais pour Mohammad, la révolution continue, même vue de Grenoble.

Il est très difficile, pour Mohammad, de communiquer avec ses proches, en Syrie. Photo GreNews

Il est très difficile, pour Mohammad, de communiquer avec ses proches, en Syrie. Photo GreNews

Mohammad est un étudiant étranger comme Grenoble en accueille des centaines, chaque année. Avec ses moufles et son sac en bandoulière. En septembre, il quitte Homs, qu’on appelle “ville martyre” ou “ville rebelle”, déjà cible d’attaques de l’armée syrienne. “Mais la situation était alors meilleure qu’aujourd’hui. Il y avait certes des tirs, parfois des tanks. Mais hier, j’ai appris que les maisons de mon oncle et de mes tantes avaient été complètement rasées”, confie-t-il.

Ces nouvelles de ses proches lui parviennent par des voies de plus en plus ténues. “Je n’ai pas pu parler avec mes parents depuis trois mois. Toutes les communications avec Homs depuis l’étranger sont coupées. La semaine dernière, on a découvert qu’on pouvait appeler quelqu’un à Damas, qui, à son tour, transférerait l’appel. Mais le gouvernement a découvert le système et l’a bloqué”. Alors à chaque fois, il faut recommencer. Trouver une feinte pour communiquer, pour s’organiser, échanger de précieuses informations. À notre entretien, Mohammad est venu avec son ordinateur portable. “Pour te montrer les preuves de ce que je dis, j’ai des documents pour tout”, assure-t-il. “Ici, beaucoup de jeunes ne savent pas ce qu’il se passe. En même temps, ça fait un an qu’ils entendent tous les jours qu’il y a des manifestations, des morts, alors j‘ai cherché des documents en français, pour qu’ils comprennent”.

Toujours cette obsession de la vérité, de la justesse. Aussi parce qu’il sent que la clarté se fera d’elle-même, bientôt. Mais il est impatient, “brûlant de l’intérieur”. Le plus touchant, peut-être, reste les certitudes de Mohammad et des siens. “Là-bas, il ne leur reste que l’espoir. Mais ils disent que le départ d’Assad, c’est pour très bientôt. Ma tante a dit : le gouvernement nous fait une faveur, ils ont détruit toute la ville, mais quand on construira la nouvelle Homs, ce sera encore plus beau”. “Nous avons fait un pacte, avec mes amis. Dès qu’Assad tombe, j’achète un billet d’avion” .

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par Sarah Lachhab le 23/02/2012 à 19:15

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