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SOCIété Hervé + Kevin = (premier) Pacs en mairie de Grenoble

Au printemps, ils seront “le premier couple à célébrer un Pacs en mairie de Grenoble” depuis le vote de la délibération. Pour le symbole. Mais aussi “comme un mariage”.

Ce sera “l’occasion d’une fête avec les gens qu’on aime”. Photo Sarah Lachhab

Ce sera “l’occasion d’une fête avec les gens qu’on aime”. Photo Sarah Lachhab

C’est simplement une histoire d’amour. Une rencontre sur internet, des moments à deux, les sentiments, la vie. On se dit “nous”, on s’installe ensemble. Ça, c’était en mars. C’est une histoire de surnoms et de petites engueulades, un amour où tous les adjectifs sont au masculin de l’affectif. L’un: “La plus grande qualité de Kevin, c’est sa gentillesse”. L’autre: “Hervé est très généreux”. Encore Hervé: “Son plus gros défaut? Il est désordonné”. Et Kevin qui répond: “Oui, mais toi tu es maniaque”.

“L’impression de passer en jugement”

Ainsi, Hervé et Kevin vont se pacser “pour se protéger mutuellement, passer un nouveau cap dans notre relation”. C’est Hervé qui a fait la demande, “par mail”, râle Kevin. “J’étais en déplacement, en Espagne, je me suis rendu compte à quel point il me manquait”, ajoute Hervé. A son tour de râler: “Là, tu m’as vexé, tu souhaitais réfléchir avant de donner ta réponse”. “J’en avais besoin, c’est une étape importante”, sourit Kevin, qui a dit “oui”, “une semaine plus tard”.

Nous sommes donc dans un bar de Grenoble, à parler “tribunal”. Ainsi va la loi dans le pays des droits de l’homme: “On sera devant une bonne femme, on signera un papier, on aura l’impression de passer en jugement”. A ce moment-là, “d’ici la fin de l’année peut-être”, ils seront donc pacsés.

En décembre 2010...

On quitte le tribunal, direction la mairie de Grenoble. On s’en souvient, la délibération proposant “la création d’une cérémonie de Pacs en présence d’un élu” avait été votée en décembre 2010. Mais avec, au sein de la majorité Destot, un “contre”, des abstentions et des élus se rappelant qu’ils avaient une furieuse “envie de pisser” pour ne pas voter (pour savoir qui: cliquez ici). Ce soir-là, on apprenait aussi qu’un Pacs avait déjà été célébré entre deux hommes lors du mandat précédant. En toute discrétion.

Depuis? Rien. “Comme si tout était fait pour qu’aucune célébration n’ait lieu”, raillait un élu qui avait voté “pour”. “C’est vrai, quand on a débarqué en mairie, on avait l’impression que personne n’était au courant des démarches”, explique Hervé. Une dame a dit: “On vous rappellera”. Bon.

Alix, onze ans, “si fière”

Peu importe, “nous serons le premier couple à nous pacser en mairie de Grenoble”, poursuit Hervé. Qui voit les choses en grand. Probablement au printemps. Et en blanc. “Ou alors en gris. Ce qui est sûr, c’est qu’il n’y aura pas de rose, on ne sera pas dans le cliché homosexuel”.

Au moins seront-ils dans le cliché du mariage: riz, voitures qui klaxonnent, photos sur les marches de la mairie, alliances des grands-pères... “On le sait, ce moment n’aura qu’une valeur symbolique. Mais voilà: on se lance et on souhaite le partager avec nos proches. Ce n’est pas un geste militant, on déteste ça. Seulement l’occasion d’une fête avec les gens qu’on aime”. Kevin, qui a déjà choisi ses témoins (Manon et Charlotte), raconte à quel point sa petite soeur Alix, onze ans, “est super fière. Pour elle c’est comme un mariage”.

On quitte le bar. Clin d’œil: Lennon et McCartney, dans la sono, chantent «All you need is love». Oui, love is all you need.

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par Stéphane Echinard le 09/12/2011 à 09:41

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